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 papers, please. (leola)

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Descubrirse el pastel
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papers, please. (leola) - Lun 11 Juin - 14:47
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c’était une journée comme les autres. une journée où tu ne savais qui on pourrait t’envoyer. qui tu pourrais aider. la plupart de tes clients étaient des mineurs voulant arriver à leurs vingt-et-un ans plus tôt, ou bien des fugitifs voulant changer de vie, de pays. tu excellais à ça. tu excellais à falsifier tous ces papiers d’identités dont les gens avaient tant besoin pour vivre librement. tu aimais croire que tu offrais à certains d’entre eux une meilleure vie. un avenir rempli de sourire. mais tu ne savais qu’aucun de ceux que tu aidais n’étaient innocents. ceux qui fuyaient ne cherchaient qu’à échapper aux ennuis qu’ils s’étaient attirés. ceux qui mentaient sur leur âge ne pensaient qu’à boire, et à faire la fête. aucune de ces personnes n’étaient vraiment dans le besoin. tu poussais un autre soupir lorsque ton portable vibra. ton portable prépayé. les affaires commençaient. tu hochas la tête à chacune des instructions qu’on te donnait. un lieu de rendez-vous, une cliente. tout était noté dans ta tête. tu avais à peine raccroché que tu attrapais ta veste avant de quitter ton appartement. le lieu où tu devais retrouver ta cliente n’était pas loin de chez toi, et tu ne mis que quelques minutes à y arriver. elle n’était pas là. pas encore. tu l’attendis donc. tu l’attendis un bon moment. tu aurais pu croire qu’elle ne viendrait pas si tu n’étais pas du métier. les gens aimaient se faire attendre. les gens aimaient s’assurer qu’il n’y avait aucun risque. mais ils te faisaient juste perdre ton temps. tu finis pourtant par distinguer une silhouette mince qui s’avançait vers toi. sûrement la femme que tu devais rencontrer. de loin, tu distinguais déjà qu’elle ne devait pas être très vieille et qu’elle avait sûrement besoin de tes services pour rentrer dans la dernière boîte branchée avec ses copines. c’était typique. t’as lu le journal ? tu lui dis quand elle arriva à ta hauteur. t’espérais que ton complice lui ait expliqué vos combines pour ne pas avoir à tout reprendre à zéro. t’as besoin de quoi ? tu rajoutas pourtant, peut-être à cause de ce regard perdu qu’elle te lançait. tu ne savais pas pourquoi tu l’avais aperçu alors que tu faisais bien attention à ne pas la regarder. il ne fallait pas que tu observes tes clients trop longtemps. il ne fallait pas que tu te rappelles de détails que tu ne pourrais pas oublier. c’était ce qu’on t’avait appris au tout début. moins tu en savais, moins tu prenais de risque. aujourd’hui ne serait pas différent.
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Re: papers, please. (leola) - Lun 11 Juin - 22:42
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Lendemain d'une nuit qui l'a un peu plus brisée. Chaque nuit, ça la détruit un peu plus, mais elle n'a pas le choix. Elle est surveillée... Doit de l'argent même si elle en garde une partie pour elle. Elle est malheureuse, Lola. Elle a honte de ce qu'elle fait, tout en sachant qu'elle ne peut faire que cela pour survivre. Elle ne comprend même pas complètement la langue, tant ça n'a rien à voir avec ses deux langues maternelles. Elle est perdue, ici. Saine et sauve... Mais pour combien de temps encore ? Les ennuis la guettent. Peut-être même que la police sait déjà tout ce qui se trame avec elle. Elle n'est pas la seule, dans cette solution. Y en a d'autres qui ont besoin de papiers au plus vite. Ils fuient ce monde qui les maltraite, les malmène comme pour voir qui survivra. Peut-être pas elle. Peut-être que c'est pire ici que ça ne l'était chez elle, parce qu'elle est en terrain inconnu. On lui a donné des instructions qu'elle n'a pas réussi à comprendre, même si elle a demandé qu'on lui répète. Impossible de savoir quoi faire... Pour trouver le lieu de rendez-vous, elle s'est perdue, a parfois montré du doigt ce qu'elle cherchait sans qu'on l'aide vraiment. Elle arrive finalement, en retard... Un peu en nage tant elle est angoissée. Angoissée à l'idée de se retrouver dans une histoire de plus, de ne pas avoir les papiers qu'elle attend tellement. Pour ne plus risquer l'expulsion, trouver un véritable travail et ne pas gagner sa vie dans des conditions aussi glauques. Elle regarde un peu partout, ne sait pas à qui s'adresser... Mais un jeune homme s'approche d'elle, finalement. Il est beau. Il a l'air différent des garçons de son pays. Il lui pose une question, sûrement très claire pour ceux du pays, mais pas pour Lola. « Comprends pas. » dit-elle, en secouant la tête, vivement. Elle cherche pourtant, ce qu'il a bien pu vouloir dire, mais sans trouver. Elle comprend un peu ce qu'il lui demande ensuite. Ce qu'elle veut. « Pas police... » répond-elle doucement. Elle ne sait pas comment dire autrement, mais ça se lit dans son regard que les agents la terrifient. Est-ce qu'ils la blesseraient pour ne pas respecter la loi ? « S'il-te-plaît. » le supplie-t-elle, sans faute cette fois. C'est clair, malgré ton accent. Il ne la regarde pas, et elle, elle veut croiser son regard. Elle ne quitte pas son visage des yeux, ne se laisse pas impressionner. « Lola. » ajoute-t-elle en se pointant du doigt.
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Re: papers, please. (leola) - Mar 12 Juin - 16:06
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ce n’était pas le premier deal que tu allais passer. ce n’était pas le dernier non plus. tu étais plutôt fort dans ce domaine, comme si tu avais ça dans les gênes. tu ne te rappelais plus vraiment de ce que faisaient tes parents, mais tu étais certain que ce n’était pas quelque chose de très légal. tu te souvenais qu’il y avait souvent des gens bizarres chez toi. des gens qui te faisaient peur. ton père t’envoyait toujours dans ta chambre quand ils venaient. ce n’était pas parce qu’il s’inquiétait pour toi, mais plutôt parce qu’il ne voulait pas qu’il ne voulait pas t’avoir dans les pattes. tu n’avais pas fait beaucoup mieux que lui aujourd’hui. tu n’avais pas relevé le niveau de cette tragique famille. comprends pas. te répondit la fille quand tu lui posas la question de base. tu soupiras en secouant la tête. ton associé n’avait décidément pas fait son boulot comme il fallait. et de toute évidence, cette fille ne comprenait pas votre langue. il te suffit de lever rapidement les yeux vers elle pour comprendre qu’elle n’était pas espagnol. finalement, ce n’était peut-être pas pour rentrer en boîte qu’elle avait besoin de toi. pas police... s'il-te-plaît. le coin de ta bouche se releva pour laisser apparaître un petit sourire. elle avait de la chance, ce n’était pas dans ton intérêt d’appeler la police. mais ce ne serait pas toujours le cas. les faux papiers qu’elle devait probablement venir te demander lui permettrait de vivre tranquille, sans crainte d’être arrêtée. t’en fais pas, moi non plus je veux pas qu’ils me tombent dessus. tu ne savais pas pourquoi tu continuais à lui parler alors que de toute évidence elle ne comprenait que la moitié de ce qui pouvait bien sortir de ta bouche. lola. tu plantas ton regard dans le sien, la mâchoire serrée, avant de parcourir les alentours des yeux. viens, lola. tu lui dis avant de la prendre doucement vers le bras. tu ne savais pas si elle comprenait mais tu ne voulais pas non plus qu’elle prenne peur en te suivant. tu l’emmenas jusqu’à ton second appartement, celui où tu faisais tes affaires. celui où tu recevais les clients que tu acceptais d’aider. papiers ? tu lui demandas après avoir refermé la porte derrière elle. tu n’étais pas sûr qu’elle te comprenne alors tu allas fouiller dans ton bureau pour lui montrer une carte d’identité et un permis aussi. tout ce dont elle pourrait avoir besoin pour vivre une vie en toute légalité.
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Re: papers, please. (leola) - Mar 12 Juin - 19:41
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Ici, Lola survit plus qu'elle ne vit. Où qu'elle aille, c'est pareil. Elle a tout perdu... Sa vie, ses proches. Contrainte à des choses qu'elle ne pensait jamais faire. Elle voulait devenir médecin, Lola, faire le bien, aider les autres. Elle avait bon cœur... Maintenant, elle se protège autant qu'elle le peut, de tout. En quête de papiers, elle n'a pas hésité à traverser la ville quitte à se perdre. Heureusement, elle a trouvé le jeune homme qui doit l'aider. Est-ce que lui aussi, il profitera d'elle ? De sa situation ? Est-ce qu'il pourrait la blesser pour avoir son argent ? Il n'a pas l'air comme ça, mais Lola a appris à se méfier de tout le monde, même des personnes les plus bienveillantes qui soient. Elle ne comprend pas ce qu'il lui dit, elle tente de le lui en faire part. Elle connaît quelques mots, s'accroche pour faire des phrases aussi complètes que possibles, mais fait toujours des erreurs. Elle n'a jamais appris l'espagnol, et apprendre aujourd'hui, c'est plus difficile que ça ne l'était auparavant. Elle lui explique un peu, qu'elle a peur de la police. Il sourit... Parce que lui aussi ? C'est ce qu'elle a l'impression de comprendre sans être totalement sûre. Elle lui sourit en retour, avec une certaine innocence. Elle se présente aussi, comme elle le peut. Elle le regarde dans les yeux, s'y perd un peu. Il n'a pas eu de comportement déplacé avec elle... Peut-être parce qu'il ne sait pas ce qu'elle est devenue ? Parce que les autres ne l'approchent que pour une seule chose... Pas lui. C'est elle qui vient. Il l'entraîne avec lui, la prend doucement par le bras. Elle le suit... Elle a envie de lui faire confiance, de croire qu'il lui offre une porte de sortie, une nouvelle vie. Elle veut y croire... Mettre les horreurs du passé derrière elle, ne plus vendre son corps. Ne plus jamais subir une telle humiliation. Ils arrivent finalement dans un appartement, propre. Mais c'est bien, c'est à l'abri des problèmes de la rue. Il lui pose une question, dont elle ne comprend pas encore le sens. Elle le suit, attend qu'il lui montre. Il le fait. Ça ressemble à ce qu'elle veut, en version espagnole. Elle ne comprend pas ce qui est écrit, ne fait que deviner. « Papiers. » répète-t-elle quand il lui montre, en hochant la tête. C'est bien ça qu'elle veut, oui. « Ta maison ? » demande-t-elle en regardant un peu autour d'elle. Rien qu'avoir ça, elle aimerait bien... Elle n'a même plus de maison, que des toits dont elle change presque chaque nuit. Elle sort de l'argent, une liasse de billets salement gagnés... Et elle lui tend. « Photo ? » demande-t-elle ensuite. Parce qu'elle n'en a pas sur elle, ou peut-être certaines sur son téléphone mais qui n'iraient sûrement pas.
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Re: papers, please. (leola) - Mer 13 Juin - 23:02
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elle te touchait cette petite. tu sais pas pourquoi. sans doute à cause de la souffrance que t’avais pu lire dans ses yeux lors de ce bref instant où ils avaient croisé les tiens. c’était pour ça que tu ne regardais jamais tes clients. tu ne voulais pas faire dans le sentimentalisme. tu ne voulais pas que leurs histoires te touchent. tu ne voulais pas être faible. tu ne voulais plus l’être. c’était trop facile pour toi de d’identifier à ces personnes qui venaient chercher une meilleure vie. c’est probablement ce que tu aurais fait toi, si tu avais été plus grand au moment de te retrouver sans famille. tu aurais acheté de faux papiers, et tu serais parti loin, pour te reconstruire. pour tenter d’oublier tous les souvenirs merdiques qui te tourmentaient une fois la nuit tombée. tout ce sang dans lequel tu te noyais souvent. tu te doutais que lola avait dû en voir de terribles aussi. tu l’avais deviner. même si tu te montrais dur parfois, tu ne pouvais pas te résoudre à l’être avec elle. elle te rappelait trop le petit garçon que tu cachais tout au fond de toi. ce petit garçon que tu t’autorisais à être quand tu étais bien sûr d’être seul. papiers. elle répéta quand tu lui montras la carte que tu tenais dans la main. ça avait au moins le mérite d’être clair, même si tu t’en doutais depuis qu’elle s’était pointée au rendez-vous l’air paniqué. il ne te restait plus qu’à savoir si elle avait de quoi payer, sinon, elle repartirait les mains vides. et ce, même si tu savais que ce n’était pas la meilleure chose à faire. ta maison ? tu secouas la tête. tu n’avais pas forcément des goûts de luxe comme pilar, mais ton bureau était bien trop miteux pour que tu vives dedans. tout comme la maison de tes parents adoptifs était trop grande. tu avais dû trouver un juste milieu pour contenter tout le monde. ils ne t’auraient jamais laissé déménager sinon. mon bureau. tu lui répondis, en espérant que ça ait la même signification chez elle. tu ne voulais pas qu’elle s’imagine des choses qui n’avaient rien à voir avec ton activité. même si ce que tu faisais n’était pas légal, tu refusais de t’éloigner vraiment de la limite. tu profitas qu’elle fasse le tour de la pièce pour la regarder un peu. tu n’avais pas eu l’occasion de le faire puisqu’elle ne t’avait pas quitté des yeux, comme si tu étais son sauveur ou une connerie du genre. elle n’était pas trop moche lola, elle était même jolie en fait. un peu abimée par la vie. mais ce n’était pas le genre de fille que tu pourrais ramener à la maison. pilar se ferait un plaisir de la dévorer et tes parents se mettraient à lui poser plein de questions sur sa vie, de quoi établir de faibles bases pour une future relation. tu secouas la tête. pourquoi tu te mettais à penser à des trucs comme ça ? ton regard redevint fuyant qu’elle se retourna vers toi pour te remettre une épaisse liasse de billet. tu ne savais pas où elle avait pu avoir tout ça mais tu ne posas pas de questions. ce n’était pas ton rôle. photo ? tu ne répondis pas tout de suite, trop occupé à vérifier si le compte était bon. tu ne voulais pas risquer de te faire arnaquer, encore moins par une jolie fille un peu paumée. quand tu eus finit, tu fourras le tout dans la poche arrière de ton jean avant de prendre ton appareil photo. mets-toi là. tu lui dis en la plaçant devant un mur blanc plus vraiment très jeune. souris pas. tu lui donnas quelques autres recommandations avant de te placer face à elle pour prendre la photo. au moment où tu appuyas sur le bouton, quelques mèches de cheveux tombèrent devant son visage. merde. tu te soufflas à toi-même avant de t’avancer pour lui replacer derrière les oreilles. c’était un geste anodin, mais qui te fit pourtant reculer de quelques pas pour reprendre tes esprits. pour tenter de déterminer pourquoi tu avais fait ça au lieu de la laisser de se démerder.

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Re: papers, please. (leola) - Mer 13 Juin - 23:57
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Détruite par un monde trop horrible pour cette fille fragile qu'elle était, Lola n'a plus de repères. Plus aucun. La langue de ce nouveau pays lui est presque inconnue. Elle ne connaît que quelques mots, qu'elle ne sait pas trop comment assembler pour que ce soit correct. Elle tente de se faire comprendre, n'hésite pas à désigner, à expliquer ce qu'elle veut dire par d'autres moyens. Lui, il a l'air de comprendre. Ça la soulage un peu. Parce qu'elle a terriblement besoin de lui et de ses services. Elle était bien chez elle, elle s'était habituée à toute cette incertitude autour d'elle... Mais elle avait son petit monde, ses proches, des projets. Elle pensait pouvoir y rester pour toujours, et ne s'attendait pas à devoir faire autant de sacrifices. Elle s'est tenue aussi loin que possible de l'horreur, mais en a trouvé d'autres. Son corps, c'est devenu une marchandise, quand elle ne pensait qu'à aider les autres à se sentir bien dans le leur... A faire en sorte qu'ils ne soient pas malades, et toutes ces choses. Elle aurait pu aller loin, Lola. Elle se met à poser des questions, en regardant un peu autour d'elle. Elle ne sait pas s'il habite là. Ce n'est pas merveilleux, mais rien qu'un endroit comme ça, pour dormir et manger, ça lui irait. Un jour, si seulement elle voit le bout du tunnel. Elle croit comprendre quand il lui répond, qu'il ne vit pas ici. « Travail ? » demande-t-elle pour être sûre. Elle pourrait tout faire pour peu qu'elle arrête cette activité dégradante. Même du ménage, ce serait glorifiant. N'importe quoi. Elle lui donne d'abord l'argent, espérant ne pas s'être trompée... Elle veut que le compte soit bon, et qu'il ne la jette pas pour une petite erreur. Il est son seul espoir, et elle le regarde comme tel. Elle est sérieuse, parce qu'elle veut vraiment avoir ses papiers, mais elle veut garder son nom. C'est tout ce qui lui reste de ses parents, avec une seule et unique photo. D'ailleurs, elle n'en a pas d'elle, et elle espère que ce n'est pas gênant. Peut-être qu'il peut l'aider aussi pour ça. Il l'emmène devant un mur blanc, et elle tente d'être attentive pour ne pas l'énerver. Ce n'est pas dans son intérêt non plus de le chercher. Par réflexe, elle sourit pour la photo, mais comprend à son air que ce n'est pas ce qu'il faut pour celle-ci. Elle prend un air sérieux, essayant de ne pas être trop laide non plus. Elle se tient droite, le regarde au lieu de regarder l'objectif. Lola ne peut détacher son regard de lui, sûrement parce qu'il l'intrigue. Il a l'air différent d'elle, et pas tant que ça à la fois. Il finit par prendre la photo, et c'est à ce moment que des mèches rebelles lui tombent sur le visage. Elle n'a pas le temps de les repousser vers l'arrière qu'il s'approche vite et s'en occupe. Il lui rappelle son copain. Il faisait la même chose. Puis parfois, il touchait juste ses cheveux parce qu'il les aimait bien. Elle sourit, sincèrement. Ça lui fait du bien, un peu de tendresse. Il ne mesure sûrement pas ce que cela créé chez elle, mais ce n'est rien. « Merci. » dit-elle. Celui-là, elle le connaît. Lui, il mérite tous les remerciements du monde pour l'aider comme ça, et se montrer plus gentil que toutes les personnes qu'elle a pu croiser depuis plusieurs semaines. Elle sourit encore un peu, puis elle reprend place. Elle se prépare, ayant toujours ce défaut de le regarder au lieu de l'objectif. Vilain défaut, il va bien la rappeler à l'ordre... Elle se ressaisit, regarde l'objectif en attendant qu'il appuie pour la seconde fois, et peut-être la bonne. Quand il s'exécute, elle s'applique aussi. Elle attend un peu, avant de relever ses yeux vers les siens. Elle les cherche, comme si elle espérait avoir une sorte d'influence hypnotique sur lui. « Joli ? » demande-t-elle, sans savoir si c'est pour elle ou pour la photo qu'elle parle. Mais elle aimerait bien qu'il lui dise que c'est elle, qui est jolie. Sans savoir pourquoi elle a autant d'attentes vis-à-vis de lui. Il l'aide, il fait son travail...
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Re: papers, please. (leola) - Lun 18 Juin - 18:54
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tu n’amenais pas tes clients aussi tôt dans ton bureau habituellement. ou ce qui te servait de bureau en tout cas. tu préférais t’assurer qu’ils avaient l’argent qu’il fallait d’abord. tu voulais éviter toutes arnaques qui risquaient de te mettre dans une situation délicate. mais cette fois, tu ne t’étais pas méfier. tu avais préféré ne pas rester trop longtemps dans la rue. de ce que tu avais compris, elle évitait la police comme la peste. vous aviez au moins ça en commun. tu ne voulais pas qu’ils interfèrent dans tes affaires, mais tu ne leur faisais pas non plus confiance. ils n’avaient pas arrêté ton père après tout. en grandissant, tu avais compris que c’était lui qui avait tué ta mère. que c’était lui qui vous avait causé toutes ces souffrances. la police n’avait rien fait pour vous aider. pour t’aider toi. tu étais destiné à mal tourner. heureusement que la famille núñez t’avait adopté. tu te serais encore plus enfoncé dans la rue et ses démons sinon. tu n’aurais eu aucun lien avec la réalité. là tout de suite, ton lien, c’était elle. et tu t’efforças de revenir sur la terre ferme. de faire attention à ce qui t’entourait. il ne manquait plus qu’elle touche à tes affaires pendant que tu avais la tête ailleurs. travail ? tu hochas la tête avant de te mettre effectivement au travail. tu n’avais pas de temps à perdre. le temps c’était de l’argent, et même si tu n’en avais pas vraiment besoin, tu ne voulais pas non plus refuser d’en gagner plus. même pour une jolie fille comme elle. les affaires passaient d’abord. tu la plaças devant le mur pour faire le nécessaire pour sa photo d’identité. tu n’étais pas photographe, mais tu avais appris à t’en sortir avec le temps. tu avais appris à rendre les photos potables. quand des mèches de cheveux tombèrent sur son visage, tu t’empressas d’aller les retirer. ce n’était pas à toi de le faire parce que vous veniez à peine de vous rencontrer et que tu ne la connaissais pas, mais ce geste t’avait échappé. tu supposais que c’était à cause de la tristesse que tu voyais dans ses yeux. ou alors c’était simplement parce que tu ne voulais pas perdre de temps. tu ne savais pas trop en fait. tu ne faisais que ton boulot. merci. elle te dit, et tu ignoras les sourires qu’elle lança après. ce n’était pas ce qu’elle croyait. tu n’avais pas fait ça parce qu’elle te plaisait. loin de là. tu repris ta place initiale, elle aussi. et tu réussis enfin à prendre la photo que tu voulais. elle n’était pas trop mal. mieux que celles que tu faisais d’habitude. c’était peut-être à cause du modèle, mais tu ne voulais pas trop y penser. ce n’était pas l’endroit, ni le moment. joli ? tu haussas les épaules. ce n’était pas ton rôle de lui dire si elle était jolie ou pas. tu n’étais pas son copain, ni son marie, ni que ce soit qui pouvait compter à ses yeux. et tu n’étais certainement pas non plus le genre de gars qui profite d’une fille comme elle. tu lui ferais ses papiers, et ça s’arrêterait là. pas moche. tu soufflas juste. tu ne voulais pas paraître impoli mais tu n’avais pas envie de faire des efforts pour paraître plus agréable. tu ne l’étais pas. tu devrais repasser plus tard. tu dis. faut que je fasses les papiers. tu n’étais pas sûr qu’elle allait comprendre. tu n’étais pas sûr qu’elle comprenait quoi que ce soit depuis le début, mais tant que tu n’avais pas essayé, tu ne saurais pas.

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Re: papers, please. (leola) - Lun 18 Juin - 20:15
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Dans cet appartement, Lola se sentait enfin en sécurité. Un abri où personne ne peut venir les déranger... C'est important, elle prend tout cela très au sérieux. En même temps, elle essaye d'apprendre, encore et toujours, des mots par-ci par-là. Elle pose des questions comme elle peut, lui demandant si ce qu'il appelle bureau, c'est son travail. Il acquiesce, et elle sourit un peu, fière d'avoir compris une chose de plus. Ça semble être rien, vu de l'extérieur, mais c'est difficile pour elle, de comprendre et de se faire comprendre en retour. Elle lui dit ensuite qu'elle n'a pas de photo, et il l'installe pour en faire une. Mais il fait quelque chose que Lola n'attendait pas. Il a replacé ses cheveux, doucement. Ça lui manque. Ça lui rappelle la douceur de Misha. Il était si gentil, avec elle. Il était taquin parfois aussi, mais elle aimait bien ça. Ils étaient complices, tous les deux. Amis et amants à la fois. Ça la touche, elle le remercie. Elle lui sourit aussi, elle le regarde. Il ne lui rend rien du tout, et ça lui fait un peu de peine... Un peu plus encore ensuite, quand elle lui demande si la photo est jolie... Ou bien elle ? Il se contente de dire que ce n'est pas moche. C'est tout ? Elle a eu l'habitude, qu'on lui dise, même sans qu'elle n'ait besoin de s'en assurer. Misha, il n'était pas avare en compliments non plus. Il lui manque tellement... S'il avait encore été là, il n'aurait rien laissé arriver. Elle ne répond rien, elle sourit moins. Puis il semble même vouloir qu'elle parte. Déjà ? Elle n'a pas dû bien comprendre. « Vite ? » l'interroge-t-elle, pour savoir quand elle aura ses papiers. Elle en a tellement besoin... Mais peuvent-ils vraiment la protéger comme elle l'espère ? Elle ne sait plus vraiment. Il lui manque des choses, il est loin de tout savoir d'elle, et elle ne veut pas qu'il invente tout. Elle veut garder une partie de sa vie, l'héritage de ses parents, ses origines dont elle est fière malgré tout. « Mon nom ? Anniversaire ? » demande-t-elle, sans lui laisser le temps de répondre. Elle attrape un crayon, et un papier, écrivant son nom dans l'alphabet de son pays. Elle ne sait pas comment le traduire pour lui, se retrouve embêtée. « Saïan. » dit-elle en le regardant, espérant qu'il parvienne à le transcrire. Elle a tout à apprendre, comme si elle devait tout recommencer. Ses bases d'anglais, elles ne sont qu'orales, elle ne saurait même pas le lire. Elle veut apprendre, mais pour ça aussi, elle a besoin d'aide. Il faut qu'on lui explique, parce qu'elle n'a pas les moyens de prendre de vrais cours, même si elle a toujours aimé apprendre dans une classe. Finalement, elle sort son téléphone. Il faut qu'elle lui montre autre chose, pour qu'il sache où elle est née. Elle trouve une carte, zoome jusqu'à temps qu'on puisse voir le nom de son village. Et rien que de cette manière, elle se souvient des moindres recoins, des chemins pour grimper un peu plus dans la montagne... Des cailloux qu'on pouvait y trouver, pareil pour la végétation. De tout. Elle s'approche de lui, et elle pointe du doigt le nom de son village. « Ma maison. » souffle-t-elle, les yeux embués. Sa maison, ils ont cassé ses murs. Ils l'ont brûlée... Ils ont détruit tous les beaux souvenirs qu'elle pouvait y avoir. Elle n'a plus que sa mémoire, pour ça.
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Re: papers, please. (leola) - Dim 24 Juin - 11:37
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t’étais contradictoire dans tes propos. dans ta manière d’agir. tu te comportais peut-être comme un con, mais tu ne voulais pas que cette fille pense que tu étais différent avec elle qu’avec les autres nanas qui se pointaient. tu l’étais pourtant. tu ne devais pas. ce n’était qu’une cliente. tu faisais affaires et tu disparaissais. c’était le seul moyen de continuer à faire ce que tu faisais. le seul moyen pour qu’on ne te tombe pas sur le dos. tu ne devais pas jouer les sentimentales. de toute façon, il y avait bien longtemps que tu avais renoncer à tout ça. c’était pour les faibles. pour les petits garçons. tu n’en étais plus un depuis bien longtemps. ton innocence, on te l’avait volé en même temps que ta famille. on t’avais arraché plusieurs fois aux gens que tu aimais, si bien que tu ne voulais plus aimer personne. sans jamais y parvenir pourtant. c’était pour ça que tu te cachais sous ton masque froid et dur. parce que les gens ne devaient pas savoir qu’il y avait un cœur brûlant qui battait en-dessous. même cette fille que tu ne reverraient jamais. vite ? elle était impatiente. tu pouvais comprendre. mais elle ne devait pas trop l’être si elle voulait que ça paraisse crédible. si elle voulait vivre libre. tu voulus lui répondre, mais elle ne t’en laissa pas le temps. elle ne s’en alla pas non plus comme tu le lui avais demandé. mon nom ? anniversaire ? tu secouas la tête, mais elle s’emparait déjà d’un crayon pour écrire dans une langue que tu ne comprenais pas. saïan. d’habitue, c’était toi qui inventait cette partie de l’histoire. tu donnais aux étrangers un nom espagnol, un anniversaire. une identité. mais elle paraissait tellement motivée à garder la sienne que tu doutais de l’efficacité des arguments que tu pouvais lui opposer. comment tu pouvais dire à cette fille qu’elle n’allait pas garder son nom de famille, ou bien le lieu où elle était née. il n’y avait pas de bon moyen pour ça. comme pour achever de te convaincre, elle sortit son portable pour te montrer son lieu de naissance. ma maison. un village, dans un pays en pleine guerre. ton éducation t’avait permis de savoir que tu n’étais pas beau dans le monde. qu’il y avait des injustices bien pire que celle que tu avais vécue petit. tu comprenais mieux la présence de cette fille ici. tu pris le bout de papier où elle avait dû noter son nom de famille, et tu essayas de le retranscrire selon ce qu’elle t’avait dit. c’était contre tes règles. mais toute cette rencontre l’était en réalité. tu notas aussi le nom de son village, pour t’en rappeler. il ne te manquait plus que sa date de naissance. anniversaire ? tu demandas pour qu’elle comprenne bien de quoi tu parlais. tu n’avais pas envie de perdre plus de temps. pas envie qu’elle reste plus longtemps ici alors que tu devrais déjà être en train de travailler. ça va prendre du temps si tu veux que ce soit bien fait. tu lui dis avant de te rendre compte que c’était certainement trop compliqué pour elle. bien fait, lent, ok ? tu avais d’autres choses à gérer en parallèle. une vie différente de celle dont elle pouvait avoir un aperçu en ce moment.

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Re: papers, please. (leola) - Dim 24 Juin - 12:28
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Lola ne comprend plus rien. Peut-être que les garçons ici sont différents... Mais pourquoi a-t-il touché ses cheveux avant, et se montre-t-il aussi distant maintenant ? Elle le regarde, elle ne sait pas quoi en penser. Et puis elle le presse un peu, parce qu'elle veut avoir ses papiers et vite. Elle veut avoir sa liberté, montrer à cet homme qui exploite ses faiblesses qu'il ne le peut plus. Elle a vu combien le monde était moche, tout au long de sa vie... Ce qu'elle vit aujourd'hui lui ferait presque regretter sa maison. Pourquoi y retourner quand elle n'a plus rien ni personne de toute façon ? Elle n'a plus que cette seconde chance, et même s'il a l'air de vouloir l'aider, elle ne le laissera pas la gâcher. Ça va trop vite, et elle sait qu'il manque des choses. Elle lui demande, vite aussi. Elle essaye de se faire comprendre. Elle veut garder son nom, Lola. Elle en est fière... Elle ne veut pas tout renier. Peut-être qu'elle le devrait, pour se reconstruire, mais elle a déjà perdu trop de choses. Il l'écoute, et elle espère qu'il comprend un peu ce qu'elle essaye de dire. Elle cherche son village, sur Internet, et elle lui montre pour qu'il comprenne mieux. Ça l'émeut, Lola. Il était beau son village, avant d'être détruit. Il reprend, il lui demande son anniversaire. Et là encore, elle veut lui montrer sur son téléphone. Elle fait défiler le calendrier, appuie sur la date et lui tend. Elle ne sait pas comment dire ça. « Comment je dis mon âge ? » demande-t-elle. Elle veut savoir, des petites choses comme ça, et elle espère qu'il va lui dire. Elle a une bonne mémoire, pour apprendre. Elle arrivera peut-être à mieux parler un jour... Elle est déterminée, elle écoute tout, essaye de tout retenir. Il reprend. Il dit quelque chose, et elle ne saisit pas tout. Mais elle sent que c'est mauvais, et ça ne lui plaît pas. Il lui répète, plus synthétique. Elle secoue la tête, fronce les sourcils. Elle n'est pas d'accord. Elle est sûre qu'il peut le faire plus vite mais qu'il ne veut pas. Ou qu'il ne peut pas. « Plus d'argent, plus vite ? » demande-t-elle. Elle est prête à tout, pour ça. Pour être libre et redevenir un peu normale. Elle pourrait même passer toutes ses journées et toutes ses nuits dehors, à attendre des clients. Toujours plus de clients... A croire qu'elle n'est plus à ça près. « S'il-te-plaît. » Elle essaye de le regarder dans les yeux, qu'il voit qu'elle en a besoin presque immédiatement. Elle le supplie du regard. Il ne sait pas, ce qu'elle vit tous les jours. Il s'en doute peut-être, mais elle ne va pas lui dire. Elle a trop honte... Elle ne veut pas être cette fille à ses yeux. Peut-être qu'il dirait qu'elle ne mérite pas ses papiers, et qu'il ne voudrait plus l'aider parce qu'elle n'aurait pas son respect. Elle ne le connaît pas, après tout. « Je peux travailler, nettoyer, cuisiner... pour toi ? » demande-t-elle. Elle pourrait tout faire, s'il voulait, quand bien même elle ne se destinait à rien de tout ça. Peut-être qu'elle pourra reprendre ses études. Même faire autre chose que cette occupation, la plus dégradante qui soit.
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Re: papers, please. (leola) - Mer 27 Juin - 9:27
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tu finissais par croire que tu n’aurais pas dû accepter d’aider cette fille. ce n’était pas qu’elle était méchante, ou bien qu’elle ne le méritait pas. mais tu ne comprenais pas ce qu’elle te faisait. tu ne comprenais pas pourquoi tu avais remis en place ces mèches dans ses cheveux, ni même pourquoi tu acceptais de transgresser tes lois pour ses beaux yeux. pas qu’ils étaient si beaux que ça. tu les avais à peine regarder. après son village, elle te montra sa date de naissance sur son téléphone. au moins elle était majeure. c’était déjà ça de gagné. tu ne savais pas pourquoi, mais ça te rassurait un peu de savoir que ce n’était pas une petite fille qui ne savait pas ce qu’elle faisait. les rues, ce n’était pas fait pour les petites filles. ni pour les petits garçons. t’en savais quelque chose. comment je dis mon âge ? elle te demanda. elle avait l’air innocente. elle avait l’air d’une enfant qui découvrait le monde. ton monde en tout cas. elle savait sans doute qu’il n’était pas aussi rose qu’il y paraissait. vingt-et-un. tu lui répondis en notant ce dernier détail sur un bout de papier. puis tu te tournas vers elle pour la prévenir que ça prendrait un certain temps. tu avais d’autres obligations. d’autres affaires à gérer en même temps. tant que tu t’occupais d’elle, ça devrait lui convenir non ? une jour de plus ou de moins, ça ne ferait aucune différence. plus d'argent, plus vite ? s'il-te-plaît. tu remarquas bien le regard qu’elle te lança. et l’intonation de sa voix aussi. tu comprenais bien qu’elle avait besoin de ces papiers au plus vite. que c’était une question de vie ou de mort ? peut-être bien. peut-être même que tu aurais fini comme elle si personne n’était venu te sauver. si tes parents ne t’avaient pas sorti de la misère dans lequel tu aurais probablement fini. ok. tu finis par lâcher. 1000. ça encore, tu ne le faisais jamais. tu n’avais pas vraiment besoin de l’argent. ces activités illégales, c’était juste un passe-temps. une roue de secours où cas où la famille qui t’avait élevé ne voudrait plus de toi. le petit garçon que tu étais continuait de le croire, même si tes parents t’avaient montré à de nombreuses reprises qu’ils ne te renverraient jamais. je peux travailler, nettoyer, cuisiner... pour toi ? ça te surprit. ça te prit de court. tu ne t’attendais pas à ce qu’elle te propose quelque chose comme ça. tu fronças les sourcils. ça te plaisait pas qu’une inconnue pense que tu avais besoin de quelqu’un. t’avais besoin de personne toi. tu te débrouillais très bien tout seul. retour du masque froid. quoi ? tu sifflas, les dents serrés. j’ai besoin de personne. tu te retournas vers ton bureau, espérant au plus profond de toi qu’elle s’en irait, et qu’elle te laisserait travailler. elle voulait ses papiers vite non ? ce n’était pas en parlotant qu’elle les aurait. les distractions n’étaient pas bonnes pour les affaires. pas bonnes pour toi.

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Re: papers, please. (leola) - Mer 27 Juin - 23:22
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La vie de Lola ne devait pas tourner ainsi. Elle n'a plus rien, il lui faut ses papiers à tout prix. Elle a déjà fait de nombreux sacrifices, ces dernières semaines et ces derniers mois. Il n'a pas idée de tout ce qu'elle a pu faire, rien que pour avoir cet argent qu'elle lui a déjà donné. Elle essaye de comprendre et de se faire comprendre en retour. Elle pose des questions, comme elle le peut. Elle essaye d'apprendre. C'est une question de survie. Elle s'accroche à cette idée, sans savoir si ça paiera un jour. Lola a l'impression de ne pas voir le bout du tunnel. Elle tente d'avancer malgré tout... Il lui répond, quand elle lui demande comment dire son âge. « Vingt-et-un. » répète-t-elle, pour mieux comprendre et mémoriser. Elle se demande quel âge il a lui. Sûrement pas beaucoup plus. Elle ne le quitte pas des yeux, pendant ce temps. Mais son regard, il change quand il lui dit que ça prendra du temps. Elle n'en a pas, elle. Elle veut sortir de cet enfer au plus vite. Oh elle ne retrouvera pas sa dignité d'antan, elle le sait, mais elle veut aller de l'avant... Sans arrêt, elle pense à ses parents et à Misha, à combien ils auraient honte d'elle tous les trois. Cette simple pensée lui donne la nausée... Mais elle doit tout faire pour avoir ses papiers, et plus vite qu'il ne le promet. De l'argent en plus ? Elle peut le faire, elle n'est plus à ça près. Il accepte d'aller plus vite, avec plus... Bien plus. Mille, c'est énorme pour elle. Elle pense à tout ce qu'elle devra faire pour les obtenir... « Ok. » répond-elle, la tête haute. Elle tente de la garder en tout cas. Elle ne veut pas se montrer faible devant lui. Il doit comprendre qu'elle sait ce qu'elle veut, et qu'elle l'aura. S'il n'est pas assez rapide, elle lui dira. Elle récupérera ce qui lui appartient coûte que coûte. Elle a envie de lui faire confiance, pourtant. Elle cherche à s'en sortir, une fois de plus. Peut-être à cumuler les boulots. Faire des tâches pour lui pour que ce qu'elle lui doit soit un peu absorbé de cette manière. Son air deviendrait presque mauvais, quand elle lui pose cette question. A-t-elle mal dit les choses ? Il n'a peut-être pas compris, non ? En quoi c'est mal ce qu'elle propose ? Non, elle a su se faire comprendre... Seulement il se braque et prétend n'avoir besoin de personne. Il a de la chance... C'est un luxe. « Moi oui. Et de maison, me protéger... Tout. » souffle-t-elle. Il n'a pas besoin de ça, lui. Il a déjà tout ce dont il a besoin, sûrement. Ça l'amuse alors de se retrouver avec des miséreux comme elle ? Lui aussi, il est peut-être pareil que cet homme qui récupère une partie de ses bénéfices. Encore un profiteur. D'un coup, le regard de Lola est bien moins admiratif, mille fois plus sceptique et un peu sévère aussi. « Pourquoi ? » Pourquoi il fait ça ? Pourquoi il n'a pas besoin d'elle ? Ça peut mener à tant de choses...
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Re: papers, please. (leola) - Jeu 28 Juin - 0:08
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elle te quittait pas des yeux cette lola. comme si tu étais un espèce de sauveur, ou tu ne savais pas trop quoi. t’en étais pas un. t’étais juste un abruti qui pensait pouvoir aider des gens dans le besoin en faisait des trucs illégaux. vendre de la drogue, c’était pas aider les autres. ce n’était qu’un passe-temps. un hobby comme un autre. les faux-papiers, c’était une histoire différente. tu savais ce que ça faisait de se retrouver sans rien. tu savais ce que c’était de voir quelqu’un nous tendre la main. d’avoir une nouvelle chance. bien sûr, les cas de ce type étaient rares. lola était certainement la deuxième que tu espérais aider à avoir une vie meilleure. tu pouvais sembler con comme ça, à lui répondre par de simples mots, mais t’étais un bon gars dans le fond. tu voulais juste ne pas te dévoiler. tu savais d’expérience que ce n’était pas une bonne idée. les gens pouvaient se servir de ça pour te blesser après. tu ne voulais pas que ça arrive. vingt-et-un. tu hochas la tête. tu trouvais son accent bizarre. un peu drôle aussi. et puis mignon. tu trouverais jamais rien mignon d’habitude. elle, elle l’était un peu. à sa façon. aussi mignon que pouvait être un chiot égaré qui aboie pour un os. c’est toi qui le tenait cet os, et elle était prête à payer le prix fort pour l’avoir plus vite. t’étais pas con au point de lui dire non. ok. elle répéta après toi. tu ne savais pas comment elle se procurerait cet argent en plus, et tu ne voulais pas le savoir. ce n’était pas tes affaires après tout. ce qui sortait de ce bureau de te regardait plus. elle faisait sa vie, et tu faisais la tienne. comme deux parfaits inconnus n’étant pas destinés à se rencontrer. tu commençais à te détendre un peu quand elle te parla de te rendre service en faisant le ménage, et des conneries du genre. elle te prenait pour qui ? mère théresa ? tu faisais des faux papiers, tu offrais pas le boulot et le logis derrière. ce serait à elle de se débrouiller toute seule. tu n’étais pas sa bonne fée. loin de là. outre ses papiers, tu ne pouvais rien lui apporter de bon. ni à elle, ni à personne. moi oui. et de maison, me protéger... tout. tu l’avais déjà compris tout ça. elle n’avait pas besoin de t’expliquer qu’elle avait besoin de quelqu’un. mais tu n’étais pas cette personne. tu n’allais pas la recueillir comme un animal égaré. elle n’en était pas un. si elle s’était débrouillée toute seule jusqu’ici, elle pourrait le faire aussi une fois qu’elle aurait tout ce qui lui permettait d’être en règle. d’avoir un vrai boulot. tu n’avais pas voulu être méchant, mais au regard qu’elle te lança, tu compris que tu l’avais blessé. que quelque chose lui avait déplu. t’étais pas doué avec les gens, c’était pas ta faute. pourquoi ? tu fronças les sourcils. c’était quoi cette question ? qu’est-ce qu’elle voulait de plus comme réponse. toi qui n’étais pas du genre bavard, elle te poussait à parler. elle te poussait à t’expliquer, sans même que tu comprennes de quoi. pourquoi quoi ? tu lui répondis d’abord, sur un ton las. c’était pas qu’elle t’ennuyait, mais un peu. t’avais d’autres choses à faire plus importantes que t’engueuler avec une gamine qui n’aimait pas ton comportement. t’es dans la merde, et j’aide les gens dans la merde. c’est tout. ça paraissait simple pourtant. ça l’était. tu osas jeter un coup d’œil vers elle pour voir si elle te lançait toujours cet air assassin. t’espérait qu’elle avait pas d’armes dans les poches, parce que t’étais mal barré sinon. me regarde pas comme ça putain, c’est pas moi le méchant. t’étais celui qui l’aidait. t’étais celui qui allait lui offrir une nouvelle vie. indirectement, parce que t’en ferais pas partie. tu te levas de ta chaise, pour tourner en rond dans cette pièce trop étroite à ton goût. depuis quand était-elle devenue si minuscule ? crois-moi ou pas mais je sais ce que ça fait de perdre tout ce qu’on a. t’es pas un cas isolé hein. tu ne savais pas d’où ça venait. tu avais lâché ça comme une bombe, en espérant qu’elle ne comprendrait pas. tu n’en parlais pas d’habitude. tu n’en parlais jamais. mais ça t’avait échappé. les mots étaient sortis sans que tu puisses les retenir. c’était bien ta veine. elle allait sûrement te poser encore plus de questions. des questions auxquelles tu ne voulais pas répondre. je peux te faire tes papiers pour après-demain. mais faut que tu me laisses bosser. tu changeas de sujet. tu voulais qu’elle parte, maintenant, avant que tu ne mettes à déballer d’autres conneries à propos de ton enfance, et de ce passé dont tu avais eu tant de mal à te défaire. t’étais comme elle en fin de compte. un gamin paumé à qui on avait offert une nouvelle vie. la tienne avait seulement plus de paillettes.

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Re: papers, please. (leola) - Jeu 28 Juin - 12:26
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Lola ne parvient pas à comprendre comment il a pu se montrer presque tendre... avant de devenir comme ça, plus froid. C'est une véritable impression, et ce n'est pas la barrière de la langue cette fois. En attendant, elle essaye toujours d'apprendre, autant qu'elle le peut. Elle l'écoute attentivement pour mémoriser mots et expressions. Livrée à elle-même, elle n'a pas d'autre choix. Elle fait ce qu'elle peut, dans un contexte où les possiblités sont limitées.Et puis elle négocie. Ce n'est pas parce qu'elle ne parle pas bien qu'elle ne sait pas faire ça. Elle est déterminée, Lola. Elle veut ses papiers et vite, alors si payer est le seul moyen... D'accord. Elle sait ce que ça la contraint à faire mais tant pis. Elle fonce tête baissée, elle lui apportera ce qu'il demande et au plus vite. Ça ne peut pas se faire en une semaine, elle le sait bien... C'est une trop grosse somme. Elle essaye aussi autre chose. Trouver une occupation plus décente, peut être travailler pour lui en faisant le ménage ou autre chose... ça l'aiderait aussi à éponger sa dette envers lui, ces mille euros qu'elle lui doit en supplément. Elle ne comprend toujours pas pourquoi il réagit aussi mal. Il n'a pas idée de ce que c'est lui... Elle était destinée à devenir médecin et elle se retrouve dans cette situation. Elle le déteste pour lui dire non alors qu'elle essaye tout pour s'en sortir. Et d'un autre côté, il l'aide déjà... C'est compliqué ce qu'elle ressent actuellement... Elle ne parvient pas à tout assimiler mais, elle lui dit qu'elle, elle a besoin des autres. De leur présence, qu'ils lui donnent du travail... Mais aussi d'une maison et de tout. Elle veut savoir pourquoi ce n'est pas son cas, mais aussi et surtout pourquoi il se comporte comme ça d'un coup. "Pourquoi t'es comme ça là." répond-elle, sans trop savoir s'il va comprendre qu'elle parle de son changement d'attitude. Il reprend, lui disant qu'il aide ceux qui ont des problèmes. En gros, elle ne devrait pas chercher plus loin... Mais y a tellement de choses qu'elle veut savoir. Elle est butée Lola. Il ne le sait pas encore, ce n'est qu'une question de secondes. "Souvent ?" demande-t-elle. Elle aussi elle est sèche maintenant. Agacée, son accent est plus fort, mais pas incompréhensible non plus. Il a beau lui dire de ne pas le regarder de cette manière, elle a toujours son regard noir posé sur lui. Rien à voir avec cette admiration qu'elle avait au départ. Elle n'aime pas avoir l'impression qu'elle dérange ou quoi. "Je sais pas." Non, elle ne sait pas, s'il est méchant. Elle ne le connaît pas. Il est peut-être comme les autres au fond. Elle est méfiante, même envers ceux qui prétendent l'aider. Parce qu'on s'est déjà joué d'elle, qu'elle a perdu gros... Sa dignitié. Et avant ça, tout ce qu'elle possédait. Il prétend aussi savoir ce que ça fait, et elle ne comprend pas la suite... Cependant, elle saisit assez pour soupirer. "Non. Tu as ta maison, ta famille, amis et copine. Tu sais pas." Elle est persuadée qu'il a tout ça, et elle ne voit pas pourquoi il fait ça. Guidé par la pitié ? Besoin de rédemption ? Elle n'arrive pas à le cerner, il change trop vite d'avis, d'attitude. Elle n'aime pas ça. Est-il au moins digne de confiance pour les papiers ? Va-t-il la jeter aux flics ? Quoi qu'il en soit, elle voudrait avoir sa vie ou celle de n'importe qui. Avoir des gens sur qui compter. Elle pense à Misha, à sa famille... Il lui dit ensuite que ses papiers seront prêts après-demain. Deux jours ? C'est court... Elle fronce les sourcils, y croit sans y croire. "J'ai pas mille. Dans plusieurs jours." dit-elle. Elle ne peut pas gagner autant en deux nuits. Impossible. Elle se doute qu'il ne lui donnera pas les papiers sans avoir l'argent supplémentaire. Elle l'aura au plus vite, elle fera tout pour ça. "Pitié pour moi ?" demande-t-elle ensuite. Elle ne comprend pas ce qu'il peut y gagner d'autre que de l'argent. Elle le regarde toujours, bizarrement. Les bras croisés contre sa poitrine. Elle trop peur qu'il l'utilise, lui aussi. Elle en a assez qu'on se serve de sa détresse, et ce n'est pas parce qu'il avait l'air un peu plus doux que les autres qu'il l'aura comme ça.
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Re: papers, please. (leola) - Ven 29 Juin - 14:09
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tu commençais presque à lui trouver quelque chose à cette lola. tu ne savais ce qu’elle te faisait, mais tu n’étais plus toi-même. tu brisais des règles que tu t’étais imposé depuis le début. tu faisais n’importe quoi. ça ne te ressemblait pas. tout ça ne te ressemblait pas, toi qui étais pourtant si méthodique. tu savais que dans ce milieu, il ne fallait pas faire de traitement de faveur. il ne fallait pas s’identifier à une histoire au risque de te faire arnaquer. elle aurait très bien pu t’inventer une histoire lola. te faire la faire à l’envers. tu ne t’étais pas méfiée une seule seconde. tu lui servais tout sur un plateau d’or. son nom de famille, son âge, sa ville. tout ce que tu refusais aux autres. elle avait déjà réussi à t’arracher tout ça. quoi d’autre ? il fallait que tu fasses attention. que tu arrêtes de jouer au con. t’étais doué pour éloigner les autres. doué pour te protéger. tu excellais à ça depuis des années. pourquoi t'es comme ça là. un sourire fugace apparut sur tes lèvres. trop rapide pour qu’elle ait pu le distinguer. tu pensais te trouver face à une créature fragile, mais finalement, elle avait du caractère. elle n’allait pas se laisser faire, tu pouvais déjà le dire. elle aurait ce qu’elle voulait d’une manière ou d’une autre. c’était presque le cas. souvent ? elle demanda quand tu lui dis que ton boulot c’était d’aider les autres, pas de les enfoncer. tu secouas négativement la tête. non ça n’arrivait pas souvent. les gens venaient te voir pour des broutilles. des cartes d’identités pour pouvoir boire en toute légalité. des permis pour rouler sans le passer. t’aidais personne dans ces cas-là. ce n’était rien d’important. rien qui pourrait leur changer la vie. mais lola c’était différent. lola, t’avais envie de l’aider, même si elle se montrait bien trop insistante à ton goût. je sais pas. tu levas les yeux au ciel. bah je te le dis. rien que le fait que tu ne l’aies pas déjà mis à la porte était une preuve de ta bonne foie. n’importe quel autre type aurait déjà profité d’elle, de son corps ou de l’argent qu’elle avait à offrir. t’étais sûr que même ton frère ne se serait pas gêné pour la reluquer. mais pas toi. t’étais pas comme ça. t’étais un bon gars. pas le genre à sauter sur n’importe qui à cause d’une pulsion à la con. donc non, t’étais pas le méchant de l’histoire. t’étais même le gentil, si on passait sur ton comportement minable et ta froideur abusive. non. au as ta maison, ta famille, amis et copine. tu sais pas. tu t’arrêtas un instant, pour la regarder. pour regarder cet air meurtrier qu’elle arborait depuis que tu lui avais dit que t’avais besoin de personne. c’était le cas. tu t’étais efforcé de ne jamais avoir besoin de personne au cas où on t’enlevait un jour ce qu’on t’avait donné. ta maison, ta famille, comme elle disait. toi tu sais pas. tu répliquas sans cacher le mépris dans ta voix. ce n’était pas parce que tu étais à ta place aujourd’hui que tu n’avais jamais été à la sienne. que tu n’avais jamais rien perdu. au contraire. on ne t’avait jamais laissé le choix. on t’avait pris les choses auxquelles tu tenais depuis ton enfance. alors non, elle ne savait rien. elle ne te connaissait pas. j'ai pas mille. dans plusieurs jours. tu haussas les épaules. elle était bizarre cette fille. elle te suppliait d’avoir ses foutus papiers le plus vite possible pour ensuite te dire qu’elle avait pas l’argent. il n’y avait pas que toi qui était contradictoire dans la pièce. pitié pour moi ? tu fermas les yeux un instant. ce que tu t’apprêtais à faire était con. la chose la plus conne depuis bien longtemps. du genre à te mettre des baffes. ou à te taper la tête contre un mur. cette fille te faisait péter un câble, et tu ne savais même pas pourquoi. tu ne savais pas pourquoi elle arrivait à t’atteindre alors que même ta famille n’y arrivait pas toujours. garde le ton fric, j’en ai pas besoin. tu lui tournas le dos. tu voulais plus voir ses yeux te lancer des éclairs. ni même ses bras relevés sa poitrine. oui, tu ressemblais peut-être à joao que tu le pensais si t’avais remarqué ce détail. mais lui n’aurait pas tourner le dos à cette fille. lui t’aurait déjà mise dans son lit.

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Re: papers, please. (leola) - Ven 29 Juin - 15:45
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Lola, elle est le genre qu’on imagine fragile et silencieuse, au premier abord. Hors, elle n’est ni l’un ni l’autre, quand bien même ce qu’elle vit actuellement est la pire épreuve de sa vie. Elle avait tout, Lola. Elle avait sa maison, ses parents, son petit-ami, un avenir. Aujourd’hui il n’en reste plus rien. Elle lutte pour s’en sortir. Elle essaye de s’en sortir toute seule du moins, mais c’est difficile. Ses papiers, ils peuvent être une porte de sortie. Sauf que d’un coup, le jeune homme ne se comporte plus de la même manière, parce qu’elle lui propose son aide. Ça les arrangeait tous les deux, non ? Elle fait les choses qu’il ne veut pas faire, et il la paye un peu. Tant pis si elle gagne moins qu’actuellement mais elle ne supporte plus de vivre dans la crainte et la honte. Ça ne dépend pas que d’elle, malheureusement. Elle s’énerve un peu, tente de lui faire comprendre qu’il n’a plus la même attitude qu’avant, sans qu’elle sache ce qu’elle a vraiment fait de mal. Proposer son aide, ce n’est pas mauvais. Elle pose des questions comme elle peut, lui demandant s’il fait souvent ça, des papiers aussi importants que ceux-là. Il secoue la tête. Sûrement pas. Ça ne doit pas tout changer pour les autres, mais pour elle, ce n’est pas anodin ou pour s’octroyer de petits droits qu’elle n’a pas. Et puis… Lola n’en sait rien, de s’il est méchant ou pas. Elle n’a pas tellement de preuve… S’il fait ça c’est pour l’argent et c’est tout ? Ça l’arrange quand même qu’elle soit dans cette situation ? Il prétend dire la vérité, ne pas être méchant. « Non. » répond-elle, tranchée. Il a peut-être raison, mais elle n’a pas si confiance que ça. Elle avait un peu baissé sa garde, en le découvrant tendre, mais à l’instant où il a changé d’attitude elle s’est méfiée. Puis elle s’agace un peu plus, persuadée qu’il ne la comprend pas. Elle est certaine qu’il a tout, qu’il n’a pas connu ça. Elle l’envie, sans même savoir ce qu’il a pu traverser. Peut-être que c’était difficile aussi… Elle ne sait pas. Il rétorque que c’est elle qui ne sait pas, et elle lui lance un regard furieux. Pourquoi il ne dit rien alors ? Elle soupire, grogne un peu. Puis il lui dit que ce sera prêt après demain, sauf qu’elle n’aura pas l’argent d’ici là. Il lui faut au moins une semaine, voire plus. Elle ne sait pas trop en réalité. Elle lui explique comme elle peut, tant pis si ça semble bizarre. Il la trouve sûrement déjà étrange de toute façon. Elle le regarde, elle lui demande si c’est par pitié qu’il fait ça pour elle. Il n’a pas l’air de comprendre pourtant. Elle le voit fermer les yeux un peu, et il lui dit de garder… Sûrement son argent ? Ça doit être un autre mot. Elle essaye de déduire des choses, pour ne pas demander tout le temps ce que c’est, et pourquoi. Il lui tourne le dos et elle n’aime pas. Même elle, elle est en colère et ne lui tourne pas le dos. Elle s’approche, et elle le contourne. Elle se hisse sur une table pour s’asseoir, croise ses jambes dès qu’elle a trouvé une certaine stabilité. Elle n’a pas décidé de partir. Elle le regarde. « Non je vais donner. » Elle lui promet. Elle le fera. Elle a des défauts Lola, mais là, elle compte bien tenir sa parole, et le remercier, même si c’est trop. Elle le fera oui, parce qu’elle est terriblement butée. Ça, il a probablement déjà compris. Elle recroise ses bras de la même manière. Elle a décidé de ne pas bouger tant qu’elle ne saura pas au moins un peu ce qu’il a. Elle est curieuse aussi, elle est comme ça Lola. « T’as perdre quoi ? » demande-t-elle. Elle écorche des mots au passage, se trompe. Elle ne croira pas qu’il a tout perdu tant qu’il ne lui dit rien… Il fait comme s’il avait de l’empathie, pour avoir son argent peut-être. Et quoi d’autre ? Il veut quoi lui ? Cette fois, elle le regarde, avec un air un peu moins furieux. Presque charmant pour qu’il lui raconte un peu. Et qu’ils deviennent amis peut-être ? Elle n’en a pas un seul depuis qu’elle est arrivée.
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Re: papers, please. (leola) - Ven 29 Juin - 23:53
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elle te regardait comme si t’étais un criminel. comme si c’était toi qui l’avait arrachée à sa famille. tout ça parce que tu n’avais pas apprécié qu’elle te propose ses services. elle savait pas lola. elle savait pas que tu ne voulais dépendre de personne. que la seule raison pour laquelle tu faisais ça c’était parce que t’avais toujours cette crainte ridicule que ta famille finisse par te tourner le dos. c’était de la faute à diego ça. c’était lui qui t’avait dit qu’on pouvait te renvoyer si jamais tu convenais ça. t’avais pas arrêter d’y croire depuis, même s’ils t’avaient tous prouvé combien ils t’aimaient un nombre incalculable de fois. mais toi, tu pouvais pas te résoudre à leur dire. t’avais peur qu’on te les arrache dès le moment où tu le ferais. c’était toujours comme ça. non. tu lâchas un profond soupir en entendant ce simple mot. elle était butée en plus de tout le reste. la cerise sur le gâteau. tu devais avouer que cet échange prenait une dimension dont tu ne te serais jamais douté. c’était toi qui menait la danse d’habitude. c’était toi qui posait les questions, malgré ta nature peu sociable. c’était un boulot dans lequel tu étais à l’aise, et où tu excellais. pourtant cette fille t’avait complètement retourné le cerveau. elle te l’avait retourné au point d’accepter ses conditions. au point de lui accorder un traitement de faveur. elle avait pris le pouvoir dans ton propre bureau. t’avais pas fait gaffe. t’avais été trop négligeant avec ce bout de femme qui ne payait pas de mine. elle avait finalement l’air plus forte qu’il n’y paraissait. il n’y avait qu’à voir la manière dont elle ne cessait pas de te regarder. non je vais donner. tu serras le poing, avant de taper dans le mur en face de toi. ça t’énervait. elle t’énervait. c’était vraiment si dur d’accepter alors qu’elle te demandait la pitié quelques secondes auparavant ? dans le concours de la contradiction, elle décrochait dans les prix haut la main. tu te retournas vers elle, prêt à lui cracher ses quatre vérités. mais le fait qu’elle ait changé de place sans que tu t’en aperçoives te déstabilisa un peu. tu fronças les sourcils. elle était trop à l’aise. trop sûre d’elle d’un coup. je te laisse l’argent alors juste garde le. tu lui dis, en la regardant. tes yeux descendirent quelques secondes sur sa poitrine qu’elle relevait toujours. mauvaise idée. si tu le gardes pas, je te fais pas tes papiers. à toi de voir. t’abusais. beaucoup. mais elle aussi. elle te cherchait. à force, elle finissait par te trouver, même si tu savais qu’au fond, tu n’irais pas jusque-là. t’étais pas le genre à menacer les gens. t’aurais pas dû le faire pour qu’une fille garde son fric en plus de ça. les mecs avec qui tu travaillaient de temps en temps se seraient foutus de ta gueule à coup sûr en entendant ça. mais tu t’en foutais, parce qu’ils vivaient pas le même monde que toi. ils faisaient pas ça pour les mêmes raisons. personne ne le faisait. t’as perdre quoi ? elle posait trop de questions. trop pour toi. t’aimais pas ça toi, les questions. t’aimais pas qu’on t’interroge. qu’on s’intéresse à toi. en général tu te réfugiais sous ton masque froid et ça suffisait à dissuader les gens. pas elle apparemment. t’aimais pas ça. pas du tout. des gens. tu refusais de lui répondre. tu refusais que cette fille te tire les vers du nez aussi facilement alors que ta famille avait mis tant de temps à le faire. peut-être qu’elle te comprendrait plus facilement, mais tu ne voulais pas lui en parler. tu ne voulais pas de sa pitié à elle. tu n’en avais pas besoin.

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Re: papers, please. (leola) - Sam 30 Juin - 0:20
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Lola pensait bien faire. Elle se disait naïvement que s'il voulait bien l'aider pour ses papiers, alors il pouvait peut-être lui donner du travail. N'importe quoi. Rien ne pourrait être plus dégradant que ce qu'elle fait actuellement... Elle aurait tout accepté. Depuis ça, elle aussi elle a changé d'attitude. Elle est butée. Elle a du mal à le croire, quand il lui dit ne pas être méchant. Elle a vu les facettes les plus sombres de l'être humain. Les plus moches. Et encore aujourd'hui. On utilise sa détresse. Ce type qui se sert d'elle, il est loin d'être bête. Il sait bien pour ses papiers, qu'elle n'en a pas. Il lui faut une porte de sortie, une seconde chance. Elle veut s'en sortir... Elle peut peut-être y arriver maintenant. Plus tôt qu'elle ne l'aurait cru. Après demain, ce n'est pas si long. Elle veut lui donner plus d'argent, parce qu'il travaille, et qu'il l'aide. Mais il s'énerve, cogne le mur un instant. Elle ferme les yeux, les rouvre quelques secondes plus tard. Il reprend, lui disant de garder son argent. Alors pourquoi il fait ça ? Il aime voir des cas désespérés comme celui de Lola pour se rassurer sur le sien ? Elle ne sait pas. Elle ne sait rien de lui. Entre temps, elle remarque son regard qui descend... Sur elle ? Elle n'est pas folle. Elle les voit ces regards-là. Elle ne relève pourtant pas, question d'habitude sûrement. Elle est habillée tout ce qui y a de plus classique aujourd'hui. Un pantalon, un débardeur. Rien de fou, et pourtant... Il la menace aussi de ne pas faire ses papiers si elle lui donne de l'argent. Ça ne fait pas sens. Il ne fait pas ça comme ça, gratuitement. Elle croit aux intentions derrière. Elle fronce les sourcils, sachant d'avance ce qu'elle choisit. « Mes papiers. » répond-elle. C'est évident. Et puis son argent, elle en a besoin aussi. Elle n'a pas encore gagné assez pour avoir son chez elle, et arrêter de squatter un peu partout, mais elle aimerait bien. Ou peut-être partir ? Fuir cette occupation illégale qu'elle déteste. Elle veut arrêter, ne sait plus comment sortir de ce cercle vicieux sans être davantage en danger. Elle reste à la place qu'elle vient de trouver, assise sur une table pour lui demander ce qu'il a perdu. Elle n'y croit pas, tant qu'il ne lui dit pas. Et encore... Elle se méfierait peut-être dans un premier temps. Il dit avoir perdu des gens, et elle le regarde. Elle sait ce que ça fait. Cela dit, elle ne sait pas de qui il s'agit, pour lui. « Qui ? Pourquoi ? » demande-t-elle. Elle est sûrement trop curieuse, mais elle le fait quand même. Parce que ça lui ferait peut-être du bien de parler, lui qui semble aussi réservé. Et peut-être aussi parce qu'elle a besoin de d'identifier à quelqu'un, de savoir comment on s'en sort quand on a tout perdu. Elle a sûrement besoin d'un modèle ici, de tous ceux qui veulent bien l'aider. « Moi... Maman, papa, Misha. » souffle-t-elle. Eux mais pas seulement. Des amis, d'autres membres de sa famille. Trop de personnes, trop de choses à la fois. Et pour la première fois, Lola baisse les yeux, ses cheveux qui lui tombent de nouveau sur le visage quand elle se penche un peu. La tête baissée, elle souffle un peu. Elle retient ses larmes, quand bien même elles menacent de rouler sur ses joues. Elle n'est pas censée craquer, pas ici. Elle s'autorise à peine à les pleurer, sauf quand elle fond en larmes dans un lit de fortune le soir.
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Re: papers, please. (leola) - Lun 2 Juil - 14:48
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tu n’avais jamais pensé briser tes règles les plus fondamentales un jour. tu n’avais pensé non plus accepter de tout laisser de côté pour une affaire. mais c’était pourtant ce qui était en train d’arriver. c’était ce que cette fille te poussait à faire, sans même que tu saches pourquoi. tu te disais que c’était parce qu’elle était trop insistante, trop curieuse. mais tu savais que c’était parce qu’il y avait quelque chose de plus profond. tu te reconnaissais en elle. tu reconnaissais le petit garçon qui avait tout perdu et auquel on avait pourtant offert une chance. on ne lui avait rien offert du tout à elle, comme elle ne venait pas d’espagne. t’étais certain qu’elle se débrouillait toute seule depuis un bon moment. t’étais certain qu’elle n’avait pas un sou de plus en poche. pourtant, elle était prête à te donner les mille que tu réclamais en plus. tu savais que n’importe qui l’aurait laissé faire, mais pas toi. t’étais pas assez con pour la laisser tout te donner comme ça. elle en aurait besoin pour sa nouvelle vie. elle en aurait pour construire quelque chose de durable. tu ne pouvais pas lui prendre pour le simple fait de dire que tu avais pu. c’était contre tes principes. mes papiers. tu savais que c’est ce qu’elle choisirait. elle ne pouvait pas se permettre de choisir autre chose que ça. c’est ce qu’il se passait quand on avait plus rien, on avait plus le choix de refuser quoi que ce soit. t’en savais quelque chose. lola semblait avoir un don pour te pousser à faire ce qu’elle voulait, parce que tu finis par lui confier un bout de ton passé. ce bout qui n’était pas tout rose, et que tu gardais pour toi la plupart du temps. tu lui confias que tu avais perdu des gens, sans pour autant lui donner plus de détails. pas besoin de lui dire que ta mère s’était faite poignarder par ton père sans que ça ait jamais été prouvé. qui ? pourquoi ? tu haussas les épaules. à quoi bon ressasser le passé quand ton présent était plus que suffisant. tu avais une famille qui t’aimait. une famille richissime qui t’avait toujours donné tout ce que tu voulais. tu n’avais jamais eu à manquer de rien depuis qu’ils t’avaient adopté, pourtant, tu avais cette peur viscérale de ne pas être suffisant. cette peur que cette belle chose s’enlaidisse et que tu finisses pas tout perdre. tu ne lui dis pas ça à lola, parce qu’elle n’avait pas besoin de savoir les raisons qui te poussaient à te perdre dans le tourbillon des trafics. parce que le monde est moche. tu te contentas de lui répondre, en oubliant intentionnellement le qui. tu savais que ça ne lui suffirait pas. tu savais qu’elle chercherait à creuser un peu plus, mais elle ne se doutait à aucun instant que tu ne pouvais pas le lui donner. que les seules personnes à qui tu t’étais confié avait dû attendre des années. moi... maman, papa, misha. elle aussi avait perdu sa famille, c’était au moins une chose que vous aviez en commun. pas la plus gaie malheureusement. je suis désolé. tu te contentas de dire quand tu la vis baisser la tête. tu n’allais pas aller jusqu’à la consoler, mais tu pouvais au moins faire preuve d’un minimum d’humanité. c’était ton frère ? misha ? tu ne savais pas pourquoi tu lui demandais. pourquoi tu voulais en savoir plus sur elle. ce n’était pas une bonne idée de se renseigner sur les clients. le flou, c’était ce qui faisait que ça marchait ou pas. c’était ce qui faisait tourner la machine. dès qu’on en savait trop, les choses se compliquaient. mais là, tout de suite, tu t’en fichais pas mal, parce que cette fille allait mal.

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Re: papers, please. (leola) - Lun 2 Juil - 15:32
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Lola avait toujours eu ce côté adorable, le genre de fille à qui on donne le bon Dieu sans confession. Mais elle n'en a moins un côté têtu, borné. Elle n'abandonne rien... Elle est venue pour ses papiers, et elle les aura, quoi qu'il en coûte. Elle est capable de lui donner plus d'argent qu'il en aurait besoin si ça veut dire s'offrir une nouvelle vie. Elle y a droit, elle croit que ça peut être possible, tout en ayant quand même les obstacles en tête. Cet homme qui l'exploite, entre autres, comme il le fait avec les autres filles. Elle est prête à lui donner l'argent, car de toute façon, elle ne lui demandait pas de lui en faire cadeau. Loin de là. Elle voulait savoir s'il avait pitié d'elle, mais elle n'a pas su se faire comprendre. Tant pis. Elle aura ses papiers en tout cas, et ça la rassure un peu. Cela dit, elle ne sait pas sur quel pied danser avec lui. S'il est bon comme il le prétend, s'il profite d'elle lui aussi... Elle est perdue, Lola. Et puis elle veut savoir s'il a perdu autant qu'il le dit. S'il sait vraiment ce que c'est. Parce qu'elle ne se sent comprise de personne, trop différente des gens d'ici. Ils ne savent pas ce que c'est, de vivre cet enfer. De débarquer là alors qu'elle ne connaît rien ni personne. Toute la peine qu'elle a dans son cœur de jeune femme alors qu'elle devrait s'amuser et profiter de la vie comme les autres. Il justifie ce qu'il a perdu par la mocheté du monde. Elle voit qu'il a de la peine, même s'il ne fait que hausser les épaules. Il serait pourtant si beau avec un sourire sur ses lèvres, encore plus qu'il ne l'est déjà. Elle a pris le temps de le regarder, Lola. Elle aime les garçons comme lui. « Oui, moche... » souffle-t-elle. Elle est d'accord... Elle n'insiste pas. Elle se dit qu'en lui disant un peu, il fera peut-être pareil. Elle lui parle de ses parents, de son Misha. Son monde tournait autour d'eux. Oh elle avait plein d'amis, mais elle aimait ses parents et son petit-ami plus que n'importe qui. Elle baisse la tête, parce qu'elle aussi, elle a de la peine. Les larmes lui montent aux yeux. Elle se retient, prend sur elle encore et encore alors qu'elle devrait sûrement laisser sortir ses émotions. Elle garde tout pour elle parce qu'elle a l'impression de ne pas avoir le droit, qu'elle vit encore et pas eux. Elle porte le poids du monde sur ses épaules, Lola, mais s'affaisse sous celui-ci. « Désolée pour toi. » souffle-t-elle. Parce que même si elle ne sait pas trop, ce qu'il a pu perdre, elle a compris que c'est douloureux aussi. Personne ne devrait vivre un tel chagrin. La vie est injuste. Puis il lui demande si Misha était son frère. C'était pourtant évident pour elle, que ce n'était pas ça, mais il ne peut pas savoir lui. Elle n'a pas eu la chance d'avoir des frères et sœurs, non, mais elle a rencontré quelqu'un comme Misha. Il était tout à la fois... Son meilleur ami, son premier amour, son confident. Elle secoue la tête, toujours entre ses bras. « Grand amour. » murmure-t-elle. Et elle explose, Lola. Elle éclate en sanglots chez cet inconnu, sans avoir la force de retenir ses larmes jusqu'à ce soir. Elle ne peut tout simplement plus. Il l'aimait trop Misha, il la défendait contre vents et marrées... La regardait comme personne d'autre auparavant. Il la taquinait, et il aimait voir son air boudeur avant de se faire pardonner avec les fleurs de la montagne qu'ils gravissaient souvent ensemble. Les souvenirs remontent, ce qu'il lui faisait ressentir aussi... Comme s'il était encore près d'elle.
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Re: papers, please. (leola) -
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